« mours de éline »

  par Jean-Antoine de Baïf - 1552

les mots soulignés affichent une bulle explicative au passage de la souris

Préambule

  eline

ais à qui mieux pourroy-je presenter
es petits chants, qu'à toy, douce eline,
on raton, qui la fureur divine
ouflas en moy, qui me les fit chanter ?
 
u m'i verras une foix enchanter
e ta rigueur le souci qui me mine
ne autre fois en ta douceur benine
u me verras gayement contenter.
 
cy lisant, l'amour qui me tourmente,
u pourras dire : ah, par si long espace
e ne devoys telle ardeur abuser :
 
elisant là, tes faveurs, que je chante
ternisant les honneurs de ta face,
u ne pourras, comme ingrat, m'accuser.
 

Le drame

es yeux ces yeux, doux larrons de mon ame

es yeux ces yeux, doux larrons de mon ame,
'ont eblouy de leur belle splendeur,
stres fataux qui de malheur ou d'heur
e vont comblant au plaisir de madame.
 
u cueur d'hiver, un printemps l'air embame
u que tournez ilz fichent leur ardeur,
t quelque part qu'ilz baissent leur grandeur
leurit un pré mieux odorant que bame.
 
es chastes feuz de ces freres jumeaux
e retirant du naufrage des eaux
ar leur clarté de sauveté m'asseurent :
 
n leur saint feu mon vivre est allumé,
on vivre, las, qui sera consumé,
uand leur destin arrestera qu'ilz meurent.

 

uand je te vis entre un millier de ames

uand je te vis entre un millier de ames,  
'elite et fleur des nobles, et plus belles,
a resplendeur telle estoyt parmy elles,
uelle est enus sur les celestes flames.
 
mour adonq' se vangea de mille ames
ui luy avoyent jadis esté rebelles,
elles tes yeux eurent leurs estincelles
ar qui les cueurs d'un chacun tu enflames.
 
hébus, jaloux de ta lumiere sainte,
ouvrit le ciel d'un tenebreux nuage,
ais l'air, maugré sa clarté toute estainte,
 
ut plus serain autour de ton visage.
donq' le dieu d'une rage contreinte
ersa de pleurs un large marescage.
 

 

'mour d'mour je fu je fu blessé

'mour d'mour je fu je fu blessé,
t de mon sang la liqueur goute a goute
n chaudes pleurs hors ma playe degoute,
ui de couler puis le temps n'a cessé.
 
e suis d'mour si bien interessé,
ue peu a peu s'enfuit ma force toute,
t quelque onguent qu'a ma playe je boute
ans l'etancher, mon mal ne m'a laissé.
 
n tel estat ma blessure decline,
ue achaon
(?) de nul just de racine,
'en pourroyt pas amortir la poyson.
 
ais pour guarir, elephe () je devienne,
oy faite chil, douce meurtriere mienne,
ui me navras, donne moy guarison.

ean-ntoine de aïf   

Ces vers sont strictement d'origine, ils n'ont subi aucune modification.

Pour les sceptiques ou pour celles et ceux qui souhaiteraient lire quelques poèmes supplémentaires dédiés à Méline (ainsi qu'à la belle Françoise de Gennes, appelée Francine dans son oeuvre, rencontrée et aimée en 1554), voici la source :

http://poesie.webnet.fr/auteurs/debaif.html

biographie partielle de l'auteur
extraite du site Champfleury

Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) est le fils naturel de Lazare de Baïf, ambassadeur du roi auprès de la République de Venise. Etant ecclésiastique, Lazare ne pouvait se marier, mais il reconnut l'enfant, en prit soin et, lui-même humaniste extrêmement cultivé, (plusieurs traductions du théâtre grec en latin) lui fit donner une excellente éducation – un de ses maîtres fut le poète écrivain Jean Dorat – et le nomma son héritier universel.

Après la mort de son père, en 1547, Jean-Antoine suivit Dorat au collège de Coqueret, dont son précepteur allait devenir principal, et il y fit la connaissance de (Pierre de) Ronsard et de Joachim du Bellay. Emule de ses amis, il publia en 1552, âgé d'à peine vingt ans, son " Canzoniere, Les Amours de Méline ", en deux livres qui chantent une femme idéale.

suite de sa vie (sur le site d'origine)

 


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