Histoire de la Sicile

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Antiquité
Les plus anciens peuples de Sicile étaient les Elymes dans l'ouest de l'ile, les Sicanes dans le centre, et les Sicules dans la partie orientale, ces derniers probablement venus du continent en repoussant vers l'ouest de l'île les occupants plus anciens. Ce sont eux qui donnèrent son nom au pays. La Sicile fut d'abord colonisée par les Phéniciens, les Carthaginois et les Grecs, qui y ont laissé de nombreux vestiges (théâtre de Taormine, temples de Ségeste, Agrigente et Sélinonte entre autres). Elle fut ensuite gouvernée par des princes appelés « tyrans » dont les fameux Denys l'Ancien et Denys le Jeune (qui accueillit le philosophe Platon). La Sicile fut un enjeu dans la Guerre du Péloponnèse opposant Athènes à Sparte : en 415, sous l'influence d'Alcibiade, Athènes se lança dans l'expédition de Sicile, profitant des dissentions qui opposaient les cités de l'île : Athènes répondait à l'appel de Ségeste, attaquée par Sélinonte en 416. Syracuse, colonie corinthienne, était alliée de Sélinonte. Ségeste fit appel à Athènes, offrant même de payer les frais d'expédition. À ce moment de la guerre, la perte de l'Eubée, et la défection de nombreux alliés d'Athènes avaient rendu ses approvisionnements en blé précaires. La perspective de couper ceux des alliés siciliens de Sparte, tout en conquérant de nouvelles sources de ravitaillement fut certainement un élément déterminant. L'expédition prit la mer sous le commandement de Nicias, d'Alcibiade et de Lamachos en juin 415. En Sicile, Lamachos fut tué et Nicias resta seul à la tête de l'expédition. L'arrivée à Syracuse de Gylippos, général spartiate fit perdre aux Athéniens la bataille des retranchements autour de la ville (octobre 414). La flotte athénienne fut emprisonnée dans la rade, et ils envoyèrent une force de secours commandée par Démosthène et Eurymédon. En août 413 la flotte fut défaite à la bataille des Épipoles, puis l'armée fut vaincue sur terre. Athènes perdit plus de deux cent navires dans cette expédition, et cinquante mille hommes (dont sept mille prisonniers des Latomies, carrière de Syracuse). La Sicile tomba aux mains des Romains après la victoire du consul C. Lutatius Catulus en -241 aux îles Egates : cette bataille marque la fin de la première guerre punique qui opposa Rome à Carthage sur le théâtre sicilien. Après cette défaite, Carthage abandonne la Sicile qui devient une province romaine et qui assure désormais une partie importante du ravitaillement de Rome en céréales. Le roi de Syracuse Hiéron fut un fidèle allié des Romains pendant la deuxième guerre punique. Après une série de victoires de carthaginois Hannibal, la prise de Syracuse en -212 annonce le redressement romain, et préfigure la défaite carthaginoise. La Sicile fut d'ailleurs un enjeu stratégique et économique important des deux premières guerres puniques. À la veille de l'Empire, la Sicile fut la base de la résistance des derniers pompéiens menés par Sextus Pompée, fils de Pompée. Après la chute de l'empire romain, la Sicile fut envahie par les peuples germains, puis releva de l'empire byzantin jusqu'à la conquête arabe de 827 à 902.

Moyen Âge
La diversité culturelle et la tolérance religieuse caractérisèrent la période musulmane. Une famille de hobereaux normands (les fils de Tancrède de Hauteville) ayant conquis des terres en Italie méridionale, le pape chargea le plus jeune, Roger, d'envahir la Sicile pour la reconvertir au catholicisme, et lui accorda la souveraineté sur les terres à prendre. La conquête normande de l'île se fit en une trentaine d'années 1060-1090. Le petit-fils de Roger Ier parvint à faire ériger l'île en royaume féodal en 1130. Roger II, admirateur de la culture musulmane, poursuivit la politique de tolérance de ses prédécesseurs. L'administration des rois normands était cosmopolite : elle rassemblait des Grecs, des Lombards, des Anglais et des Arabes. Ce mélange se retrouve dans l'art de cette époque qui combinait les apports romans, arabes et grecs. L'île connut une période de prospérité, notamment dans l'agriculture. Le trône passa ensuite, par héritage, à la dynastie germanique des Hohenstaufen qui gouverna la région à partir de 1194 et adopta Palerme comme capitale en 1220. C'est par son mariage avec la fille de Roger II que l'empereur Henri VI établit sa souveraineté sur la Sicile. Son fils, l'empereur Frédéric II, passera l'essentiel de son existence dans l'île. Des conflits entre les Hohenstaufen et la papauté provoquèrent en 1266 la conquête de l'île par Charles Ier, comte d'Anjou et frère du roi de France Louis IX. Celui-ci mécontente les Siciliens en s'installant à Naples et en distribuant des fiefs à des Français. Le 30 mars 1282, le jour de Pâques, des émeutes, les Vêpres Siciliennes, provoquées par des taxes excessives et exploitées par Pierre III d'Aragon et Michel VIII Paléologue, provoquèrent le massacre des Français de Sicile puis la conquête de l'île par Pierre III d'Aragon. La fin du Moyen Âge est une période de crise pour la Sicile : la peste noire dépeuple la région, les luttes de la noblesse créent un climat négatif. L'Inquisition est instaurée en 1487. [modifier]

Époque moderne

La période espagnole est marquée par un relatif déclin de la Sicile. La société est dominée par une aristocratie et une Eglise qui disposent d'importants privilèges. La population du sud de l'île est soumise à des raids musulmans. La population a baissé depuis la fin du Moyen Âge et l'agriculture est en crise. Cette situation provoque des révoltes au début du XVIe siècle et au XVIIe siècle (Palerme en 1648, Messine en 1674-1678). Le traité d'Utrecht consacre la défaite espagnole et confie la Sicile à la maison de Savoie de 1713 à 1720. Par le traité de Vienne de 1735, le Bourbon Charles d'Espagne, arrière-petit-fils de Louis XIV est à la tête du royaume des Deux-Siciles. Dans les années 1780, le vice-roi tente de réformer la société d'Ancien Régime en Sicile.

Époque contemporaine

Pendant la période révolutionnaire, la Sicile reste aux mains du Bourbon Ferdinand III de Sicile (1759-1816), grâce à la protection anglaise alors que les Français sont installés au sud de la péninsule italienne. Les tentatives de réformes aboutissent à la constitution de 1812 et à l'abolition des privilèges féodaux. Une petite bourgeoisie commence à se former. Mais ces efforts sont anéantis par le retour des Bourbons qui unifièrent les deux royaumes et s'installèrent à Naples. À partir de cette date, plusieurs mouvements de révoltes contre la politique réactionnaire des Bourbons (refus d'instituer un gouvernement constitutionnel) échouent. En 1820, les révolutionnaires de Palerme demandent l'autonomie de l'île. La révolution de 1848 est agraire et particulariste. Après le débarquement de Giuseppe Garibaldi, la Sicile approuve, le 12 octobre 1860, un très contesté plébiscite d'annexion à l'État piémontais - le vote se fait sous la menace de l'armée d'occupation et n'était pas secret. L'année suivante, le 17 mars 1861, l'État piémontais changea son nom en Royaume d'Italie et la Sicile devint une partie de l'Italie. En Sicile et dans le Sud de l'Italie une vaste guérrilla populaire (le Brigantaggio) de résistance contre les Piémontais et le nouvel État italien, qui dura plus de 10 ans, donna lieu à une violente répression militaire menée par l'armée italienne. Elle causa dans les premières années des centaines de milliers de morts civils, des milliers de déportés, la destruction de nombreux villages, l'effondrement économique de toutes les régions du Sud et une énorme vague d'émigration sans précédents dans l'histoire de l'île, qui porta des millions de Siciliens à l'étranger. Avant l'union avec l'Italie, la Sicile a été une des régions les plus riches et développées d'Italie. Mais après, la Sicile (et tout le sud d'Italie) fut ravagé, au profit du Nord, où se créérent de grandes zones industrielles et urbaines. Les historiens situent la naissance des réseaux de crime organisé, connus sous le nom de mafia autour de 1860, et peu après, à partir de la fin du XIXe siècle, son influence s'étendit partout dans le monde. Elle fut partiellement éradiquée par le régime fasciste de la fin des années 1920, mais réintroduite par les États-Unis lors de la Seconde Guerre mondiale (libération de la Sicile par les forces anglo-américaines entre le 10 juillet et le 16 août 1943, au cours de l'Opération Husky) . Depuis 1946, la Sicile est une région autonome et bénéficie de la réforme agraire partielle de 1950-1962 ainsi que de subsides spéciaux provenant du Cassa per il Mezzogiorno, le fonds du gouvernement italien pour les régions du Sud. Un pont suspendu de 5300 mètres entre la Sicile et la péninsule italienne a été mis en projet unilatéralement par le gouvernement italien de droite, le Pont de Messine (ouverture prévue en 2010). La décision de construire le pont est très contestée par l'opposition politique de gauche, les verts, les mouvements siciliens anti-mafia, et les mouvements indépendentistes siciliens. S'il est réalisé il sera le plus long pont du monde.

Câ sò pusizzioni geogràfica, la timpiratura piacenti, la campagna abbunata e lu tirrenu vulcànicu abbicinu a Etna assai riccu e pruduttivu, la sò propia storia è una dî verri e dî rivurturi.

Abbitata dî Siculi, dî Sicani e di l'Elimi, già dû terzu millenniu a.C., ntô VIII sèculu a.C. foru li finici chi s'installaru ntâ parti uccidintali. Ntô sèttimu sèculu li greci funnaru diversi culòni nta parti a urienti, in particulari Naxos, Camarina, Missina. Sarausa funnata ntô 734 a.C. fu la cità cchiù mpurtanti. Ntô 212 a.C., 'n seguitu â scunfitta di parti dî rumani, la Sicilia diventa na pruvincia, sfruttata dî rumani pû frummentu, lu vinu e li tassi chi li cuvirnatura di l'èbbica mpunèvunu â pupulazzioni. Cèlibbri fu a stu prupòsitu lu malu cuvernu di Verri. Ntô 464, la Sicilia è nvasa dî Vànnali a cui ntô 491 si sustitueru l'Ostrogoti di Tiuduricu chi ci dètturu nu certu sviluppu ecunòmicu e suciali. Ntô 535 lu ginirali bizzantinu Belisariu lìbbira la Sicilia dî bàrbari. La Sicilia fa parti dû mpiru bizzantinu. Dû 663 ô 668, lu mpiraturi Custanti II eliggi comu capitali Sarausa, pi megghiu difènniri la Sicilia dî bàrbari e dî primi ncursioni musulmani. Ntâ secunna mità du IX sèculu, l'àrabbi sbàrcunu a Mazzara, cunquìstunu Palermu chi diventa la nova capitali, e quarchi annu doppu, cu la cunquista di Sarausa ntô 878, la Sicilia è ntiramenti ntâ manu di l'àrabbi. Diventa allura n'emiratu fatimita, pròspiru e tulliranti.

Tra lu 1060 e lu 1091 la Sicilia è ricunquistata dî nurmanni, e nnô cursu dû sèculu XII addiventa nu regnu putenti chi arriva all'àpici sutta lu putiri di Fidiricu II di Hohenstaufen chi mori ntô 1250. Ntô 1266 la Sicilia passa ntê manu francisi, ma li vespri siciliani dû 1282 marcaru la fini dû putiri di l'Angiò. La Sicilia passa perciò sutta lu putiri aragunisi e ma pi cchiù d'un sèculu cuntinuava na verra cu Nàpuli addimentri ca la Sicilia arristava ndipinnenti cu nomu: Regnu di Trinacria. Ò partiri dû sèculu XV, li curuni d'Araguna e Spagna si junceru e di ddu mumentu finu ê Borboni, la Sicilia veni cuvirnata dâ Spagna.

Ntô 1713 passa ê Savoia 'n scanciu dâ Sardigna. Ntô 1734 lu regnu dî dui Sicilii è ricustituitu sutta Carlu di Borboni. Tra 1812 e 1848 cc'èranu armenu quattru rivuluzzioni ntrâ Sicilia contra li Borboni. Chidda ùrtima, la rivuluzzioni ndipinnintista siciliana dû 1848, avìa lu risurtatu di nu cuvernu ndipinnenti dî Borboni, cu la sò custituzzioni assai avanzata, chi durau pi 16 misi.

Li cammisi russi di Garibbaldi sbàrcaru a Marsala ntô 1860 e cu nu plebbiscitu quarchi misi doppu la Sicilia vinni unificata cu lu regnu d'Italia. Doppu la secunna guerra munniali, e la riprissioni di nu muvumentu ndipinnintista, la Sicilia uttinìu na certa autunumìa amministrativa, cu parramentu e leggi propî.

 

Source : Wikipédia

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